El sueño igualitario de las rebeldías

El sueño igualitario de las rebeldías se ha compartido, vociferado, en las tantas lenguas que se han esparcido por el planeta Tierra, perseverando y sin desfallecer, aún contra todas las mal dadas, a lo largo de los tiempos. Y Barcelona, antes que posara como modelo y deveniera marca  al mejor postor, ha sido, y quizás lo siga siendo, uno de esos rincones donde sus gentes pelean y anhelan por una emancipación que silabea el no… so…tras  juntos , sin ellos.

Antes de este verano, con Víctor, sabiendo que era un imposible versionar en esperanto  aquel “sueño de las Barcelonas rebeldes” nos pusimos en la tentativa de pasarlo, al menos, al inglés y al francés. Para que corriera por el mundo. El empeño no logró pasar de la traducción del texto, a la que se prestaron algunos amigos.

Ahora, al menos, he preferido compartir esas versiones, por si alguien también quisiera hacer volar aquel sueño “allende las fronteras”…

(Y ya sabéis que el documental, a poco que os mováis por el blog, se oye y ve en castellano y catalán).

 

 

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The egalitarian dream of The Rebel Barcelonas

A city rarely has been in the hands of its people. Barcelona only a few times; but with such intensity that the reminiscence of that dawn, of that solidarity party that lasted days or weeks is still obsessing them; for their people to try it again, and for their enemies, to avoid it. The fear that these people re-occupy their city; that they take care of themselves again, is joining them together against all supporters of death: Capital, State, Church, Army… And the longing for its return has maintained in rebellion the most determined and festive people, as well as all supporters of life, who are waiting for the next attempt.

 

  1. Struggles, strikes and barricades

The people that built the other Barcelona, in which we recognize ourselves, have told us ostentatiously during many years which their city is:

1835: a summer in which all the established hierarchies disappeared, and all order was violated.

1843: “La Jamancia”, when Barcelona was full of barricades.

1854-1856: The insurrection of the Three Julies and the first general strike.

1870: The Insurrection of “Las Quintas”.

1902: General strike.

1909: The so-called “Tragic Week”.

1917 and 1919: General Strike.

July 19th 1936.

May 1937.

Major events featured by the people, the ordinary people, people who naively bet for the life against the survival to which those who had erected themselves like their masters wanted to reduced them: bourgeois, militaries, politicians, priests…

 

  1. Other neighborhoods, another city, another world

The Barcelona that since 1992, under the pretext of the Olympics,

is being built relentlessly by multinational corporations served by those who are ruling us, has nothing to do with the Barcelona that existed in the past, and with the Barcelona that can exist in the future, when its peoples go out and leave their homes, leave their routines, to take to the streets their independent opinion about their city.

Repeatedly the locals have come out to bring down the city that drowned them, to demolish the places of their exploitation, to burn down the symbols of their slavery, and to affirm their freedom. Today, rebellion, party and poetry are barely credible events, but the people, the streets and the buildings give a solid testimony of it.

  1. The repression

Today, the official metropolis recalls and stamps other names, the names of its masters. These city streets are named after those who have lived at its expense: doctors getting rich by healing our bodies, priests getting lost by saving our souls, architects enriched with houses that they have not built; lawyers, writers… all of them submitted to the ruler’s dictates.

They also carry the names of those (politicians, militaries…) who have oppressed them most, have outraged them most; although these names are different as time goes by.

These streets never carry the names of the rabble, the deprived, the unruly… These are the different names with which the masters grace us, when the people simply go out to the streets without papers, with just their dignity, to affirm their humanity.

  1. Militians. Neither command nor obey

To give back the meaning of the words, to the events recovered today with other names? The revolution in the streets -that short summer of 1936- was detracted and semantically transformed into a “civil war”; the revolution of July of 1909 was called the ”Tragic Week” and “The Rose Of Fire” soon became “The City of the Bombs”, and many other events, of an upside down world…

And we believe this was the way it was, and so it could be: ordinary people, a few individuals, groups, have jumped occasionally to the streets and have taken it over to show their repudiation of slave labor, of a life reduced to mere survival, in order to assert their freedom, subverting the established order.

  1. It was an egalitarian dream

There’s not a single Barcelona, and much less the official Barcelona. There is not a single history of Barcelona. Near the city of the leisure, the tourism and the architecture, remains another deeply committed city willing to give answers to the problems of its time and the society in which it had to live.

And it’s the rebel Barcelona, the solidary, the racially mixed the one that has existed and has left an imprint. And from the rebel Barcelona we can gather momentum to build another one that can exist in the future. Not a utopia outside time and place, but a local reality, from this narrow land between two rivers. Between the sea and the mountains.

 

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Le rêve égalitaire des Barcelone rebelles

Rarement une ville s’est trouvée aux mains de ses habitants. Barcelone, quelquefois, pas souvent, mais avec une intensité telle que le souvenir de cette aube nouvelle, de cette fête durant des jours et des semaines les obsède encore, eux pour réessayer, et leurs ennemis pour les en empêcher. La crainte que ces gens occupent à nouveau leur ville et se prennent en charge eux-mêmes mobilise contre eux tous les partisans de la mort : capital, état, église, armée. Et le désir que cela revienne a maintenu en rébellion la partie la plus décidée et la plus festive de ce peuple et, dans l’attente de cette prochaine tentative, tous les partisans de la vie.

 

Luttes, grèves et barricades

Ceux qui ont fait l’autre Barcelone, celle dans laquelle nous nous reconnaissons, nous ont dit haut et clair, depuis longtemps, quelle a été leur ville : 1835, un été au cours duquel toutes les hiérarchies établies disparurent et tous les ordres furent subvertis ; 1843, la Jamancia, au moment où Barcelone se couvre de barricades ; 1854-1856, l’insurrection des trois juillets et la première grève générale ; 1870, insurrection à propos de la conscription ; 1902, grève générale ; 1909 : semaine tragique ; 1917 et 1919 : grèves générales ; 19 juillet 1936 ; mai 1937.

Événements majeurs impulsés par les gens, les sans-grade, les gens tout simplement, qui misaient, dans leur apparente ingénuité, sur la vie contre la survie à laquelle voulaient les réduire ceux qui s’érigeaient en maîtres : bourgeois, militaires, politiciens, curés…

 

Autres quartiers, autre ville, autre monde…

La Barcelone que construisent sans trêve depuis 1992, sous le prétexte des Jeux Olympiques, les grandes corporations multinationales qui ont à leur botte ceux qui nous gouvernent, n’a rien à voir avec la Barcelone qui fut ni avec celle qui sera á nouveau lorsque les gens sortiront de leurs domiciles, de leurs routines, pour porter dans la rue leur parole autonome à propos de leur ville.

À plusieurs reprises, les Barcelonais sont sortis pour détruire la ville qui les étouffait, pour détruire les lieux de leur exploitation, pour brûler les symboles de leur esclavage, pour affirmer leur liberté : rébellion, fête et poésie, on a du mal à l’imaginer aujourd’hui mais les événements, les personnes, les rues et les bâtiments en témoignent à profusion.

 

La répression

Aujourd’hui, la métropole officielle célèbre et affiche d’autres noms, ceux de ses maîtres. Les rues de la ville portent les noms de ceux qui ont vécu à ses dépens : médecins enrichis traitant nos corps, curés qui nous égarent en sauvant nos âmes, architectes qui s’enrichissent avec des maisons qu’ils n’ont pas bâties, avocats, écrivains… tous soumis au diktat de celui qui commande. Elles portent aussi les noms de ceux (politiciens, militaires…) qui l’ont le plus asservie, le plus outragée, même si ces noms changent au rythme des temps.

Jamais ces rues ne portent les noms de la plèbe, des déguenillés, des incontrôlés… tous ces mots dont nous affublent les maîtres quand les gens descendent tout simplement dans la rue, sans papiers, uniquement avec leur dignité, pour affirmer leur humanité.

 

Miliciennes. Ni commander, ni obéir.

Rendre leur sens aux mots, aux événements récupérés aujourd’hui sous d’autres noms ? La révolution dans la rue – pendant le bref été de 1936 – a été détournée et s’est transformée sémantiquement en guerre civile ; la révolution de juillet 1909 a été rebaptisée « Semaine Tragique » et la « Rose de feu » s’est rapidement transformée en « Ville des bombes », et ainsi de suite tant et tant d’autres événements et récits d’un monde à l’envers…

Il en fut ainsi, et ainsi cela pourraìt être à nouveau: des gens tout simplement, des individus, des groupes, sont descendus de temps en temps dans la rue et s’en sont emparé pour manifester leur refus du travail esclave, d’une vie réduite à la simple survie, pour affirmer leur liberté et subvertir l’ordre établi.

 

Ce fut un rêve égalitaire

Il n’existe pas une seule Barcelone et moins encore l’officielle. Il n’y a pas qu’ une seule histoire de Barcelone. A côté de la ville des loisirs, du tourisme et de l’architecture, il y en a une autre qui persiste, engagée en profondeur pour donner des réponses aux problèmes de son temps et de la société dans laquelle il lui appartient de vivre.

C’est la Barcelone rebelle, solidaire, métisse, qui a été et qui a laissé vive sa trace et à partir de laquelle nous pouvons prendre appui pour en construire une autre qui peut exister, non pas dans l’utopie, hors du temps et du lieu, mais ici, dans cet étroit espace entre deux fleuves, entre mer et montagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

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